Catégories
Citoyenneté Savoirs

Radio

France Culture ; https://www.franceculture.fr/theme/migration

Catégories
Citoyenneté

Qu’est ce que la Laïcité ?

Qu’est-ce que la laïcité ?

La Laïcité est un principe constitutif de notre République. Un principe, c’est ce qui est premier, c’est ce sur quoi repose notre édifice institutionnel. Et concernant la laïcité, c’est ce qui permet à tous les citoyens, quelles que soient leurs origines, leurs choix politiques, philosophiques, religieux, de vivre ensemble.

Dans ce but, la laïcité garantit avant tout, la liberté de conscience. De celle-ci découle toutes les autres libertés, dont celle de croire ou de ne pas croire. Mais pour toutes ces autres libertés, il existe toujours des limites, celles de l’ordre public, de la mise en cause des personnes, de la sécurité…

La laïcité implique la neutralité de l’État et impose l’égalité de tous devant la loi sans distinction de conviction ou de religion. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

La laïcité implique la séparation de l’État et des églises, de toutes les églises ou organisations religieuses. De ce fait, l’État, qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte, mais les connaît tous, n’a pas à s’occuper du fonctionnement interne des organisations religieuses.

La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public.

D’où vient-elle ?

La laïcité en France qui s’est traduite par cette mise à distance des églises par rapport aux affaires publiques, a pris corps à partir de la révolution de 1789, même si ses sources sont plus anciennes dans la réflexion des philosophes des Lumières au XVIIIème siècle.

Cette mise à distance correspondait logiquement à une volonté de rupture avec un « ancien régime » dans lequel l’église catholique et son clergé avaient une emprise totale sur la vie des sujets du royaume. Ces sujets se sont révoltés pour devenir des citoyens. Le roi a été destitué…et plus encore, et l’église catholique a perdu son omniprésence sur la vie des gens.

Cette mise à distance a été formalisée dans la loi de séparation de 1905, dont les deux premiers articles ont une valeur constitutionnelle, comme la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est en cela que la loi de 1905 conserve toute son actualité, au même titre que la non moins célèbre loi de 1901 qui consacre la liberté associative en France.

Qu’est-ce qu’elle apporte à la société française ?

La laïcité n’est pas une spécificité exclusivement française. De nombreux pays comme la Suède, le Portugal, le canton de Vaud (Genève) en Suisse ou le Luxembourg ont opté pour l’abandon de toute référence à la religion dans leur constitution. Tout comme plus anciennement, la Turquie d’Atatürk ou le Mexique.

La laïcité est essentielle en France où elle assure la possibilité de vivre ensemble pour tous les citoyens qui forment ce qu’on appelle la communauté nationale. Et en France, tous les citoyens sont égaux en droit et en devoir. De ce point de vue la vision de la France diffère de nombreux pays qui acceptent la cohabitation souvent difficile de différentes communautés constituées sur des bases ethniques, culturelles ou religieuses . Ce droit des communautés se traduit rarement par une égalité des droits de tous les membres. On voit bien les difficultés que rencontrent les pays livrés aux conflits religieux ou ethniques. Quant aux théocraties, les pays dirigés par des autorités religieuses, les libertés offertes à leurs habitants sont souvent bien limitées, et l’égalité, en particulier entre les hommes et les femmes, bien peu respectée.

Dans le domaine des sciences, la laïcité est l’assurance de la totale indépendance de la connaissance et de la recherche scientifique, soumise aux seules lois de la République qui assurent la maîtrise contrôlée du progrès (loi sur la bioéthique par exemple). Et dans le domaine de la médecine, c’est le droit aux soins pour tout les individus. C’est aussi la libre disposition de son corps par la femme, notamment dans le choix ou le refus de la procréation, grâce à l’accès à la contraception.

Dans le domaine de la culture, la laïcité se traduit par une totale liberté d’expression artistique sous toutes ses formes, condition nécessaire au foisonnement de la création et à l’émergence des formes nouvelles d’expression.

La laïcité est aussi la garantie d’une justice qui rend ses décisions au nom du peuple tout entier (et non pas d’un groupe, d’une communauté ou d’une religion) et applique les lois élaborées et promulguées par les élus de ce peuple.

La laïcité ça se traduit comment chez nous ?

Dans un pays comme le nôtre, riche des multiples origines et cultures de ses habitants, la laïcité nous permet de tous vivre ensemble, malgré nos différences.

Par exemple, les services publics et les administrations de l’État et des collectivités territoriales (mairie, écoles, collèges, lycées,université, sécurité sociale, police, justice, transports en commun), sont accessibles à tous, et nous y sommes reçus sans considération de nos différences. Parce que très concrètement, la laïcité permet que tous les actes de la vie des citoyens soient assurés par une autorité publique neutre, l’officier d’état-civil (à la mairie) qui enregistre les naissances, mariages, unions civiles, divorces, décès…

La laïcité c’est surtout la possibilité d’accueillir tous les enfants au sein de l’école publique, laïque et gratuite, et la garantie d’un enseignement libre de toute emprise dogmatique.

C’est aussi le droit pour tous de se faire soigner et de profiter des derniers progrès scientifiques grâce à la sécurité sociale qui assume l’essentiel des coûts. L’accès au vaccin de la Covid en est une parfaite illustration.

C’est pourquoi la laïcité est une des conditions essentielles du vivre ensemble, car comme le disait l’auteur du Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, « si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »

Laboratoire Laïcité du Loiret

Catégories
Civisme

Construction de la « supériorité » de l’homme sur la femme

Un débat fréquent est la question de la « supériorité de l’homme sur la femme ». Il porte sur ce qui apparaît aujourd’hui au républicain comme une discrimination intolérable : déni de la Liberté, refus de l’Egalité et perversion de la Fraternité par asservissement de l’autre ! Vicieuse, cette discrimination fonde la violence domestique, le droit de cuissage etc… toutes sortes de brutalités ou d’injustices révoltantes.

Certains répondent que cet etat de faits nous vient de la religion !

Qu’on regarde du Japon à la Chine, de l’Inde au Pakistan, à l’Afghanistan… l’homme est devant, la femme en arrière… Sur tout le continent africain, dans tout l’Occident jusqu’à récemment… ce même état de choses partout, malgré les différences de religion. Elles ne seraient donc pas le problème. Il les a précédées.

Certains, sans réfléchir, évoquent comme fondement, la force physique « naturelle » de l’homme. Comme si cette force physique n’était pas surpassée au combat, à la chasse, au quotidien, par d’autres facteurs : entraînement, intelligence, détermination, résistance, endurance, adrénaline, adresse, ruse, chance ! Tous caractères tant féminins que masculins….

A ceux qui voudraient se demander comment l’humanité a pu en arriver à cette discrimination, nous proposons les deux contes suivants, à la manière des anciens, pour éclairer notre réflexion… ! !

CONTE PREMIER : La faute de la femme !

Au commencement, au temps où les humains étaient tous les mêmes, sans races ni couleurs, hommes et femmes chassaient et cueillaient ensemble ! Tels la lionne ou le singe, ils partaient à l’aube quêter la pitance commune. Organisés en bandes, ils partaient la saison venue, pour des campagnes pouvant durer des semaines. L’homme chassait aux côtés de la femme, ils se complétaient de leurs atouts respectifs….

A la veillée, les chasseurs partageaient leur connaissance de la nature, des plantes et des bêtes. Sous le sceau du secret, ils échangeaient savoirs et techniques, autant d’instruments de pouvoir ! !

Ces assemblées améliorant la connaissance, la conservant, la développant, la transmettant… les chasseurs s’organisèrent en sociétés secrètes, accessibles aux seuls initiés selon des rites de passages, âges, épreuves !

Chamanes, sorciers, guérisseuses viennent de ces premiers sanctuaires du savoir humain… De ces sociétés secrètes naquirent plus tard les religions, les clergés détenteurs/transmetteurs du savoir devenu Divin, source ultime du pouvoir, forcément objet de luttes de conquête. Le pouvoir ne se partageant pas, les clergés se firent gardiens du Secret, l’inscrivant dans la religion !

Or il advint qu’on mit un couteau sur la gorge de l’enfant, sommant la femme de livrer le Secret ! Déchirement ! Elle, brave entre tous qui tant de fois s’était ri de sa mort, ne reculant devant aucun danger…. Elle qui ayant résisté à la torture, était prête en l’instant à sacrifier sa propre vie, pouvait-elle accepter qu’on tue l’enfant ? Non, elle n’était pas conçue pour ça…. Elle seule donne la vie ! !

Et il advint qu’on menaça l’enfant de l’homme de même manière. Dépourvu de l’Instinct, lui résista !

On en retint que la femme ne peut/sait garder Le Secret ! ! Disqualification sans appel pour tout rôle prééminent dans le Clergé Du Secret ! Dégradée, dénigrée, dénudée, on l’obligea à se couvrir !

C’est pourquoi sont si rares les femmes prêtre, pasteur, moine, imam, rabbin, du Japon à la Chine, à l’Inde, l’Afghanistan, l’Afrique, l’Europe, l’Amérique etc.. et leurs prophètes, des hommes…

Morale de la « faute » de la femme : n’est donc retenu contre la femme que ce par quoi elle porte l’espèce humaine : donner, protéger la vie !

CONTE SECOND : Les jumeaux

J’ai deux très jeunes jumeaux, garçon et fille. Le garçon est kowabunga, tout fou, agité, curieux.. sa sœur est juste pire, totalement banzaï ! A la maison ils s’accordent pour tout dévaster… Dehors curieusement…. l’on s’amuse et tolère l’énergie débordante du garçon quand on exhorte avec la même bienveillance, sa sœur à rester calme discrète raisonnable sage « comme se doit une fille » !

Moi même en bon père, j’avertis le garçon qu’il a charge de l’honneur et de la défense de sa sœur à qui il doit une protection sans faille. Tout autant, je convaincs sa sœur qu’elle peut compter sur son brave de frère pour défendre son honneur et la protéger jusqu’au mariage en échange du respect qu’elle lui doit! ! !

Assuré de mes droit et raison, je me réveille dans un pays qui me dit que non, ce faisant, je formate mon garçon à un code d’honneur discutable qui lui donne surtout un pouvoir indu et parfois lourd à porter, sur une femme qui n’en a pas besoin. Qu’ainsi je prive ma fille de pouvoir assurer sa propre défense, l’obligeant à la sous-traiter, la rendant vassale, soumise à ce frère ou ce mari… alors que si au départ, je la laisse libre pour soi, autonome, elle saura autant que son frère, se défendre des coups du sort, lui ajoutera sa force, son intelligence et toutes autres qualités, mais surtout, le libérera de la charge superflue d’une sœur totalement capable par ailleurs de s’assumer !

Rêve ou cauchemar ? Ce pays me dit aussi que chaque jour sur trois, une femme meurt par violence conjugale et que cela tient au fait que le garçon s’autorise une posture dominante en invoquant son « bon droit » découlant du rôle qu’on lui a inculqué (ou qu’il a cru comprendre…) de « gardien de la bonne conduite de sa sœur/femme » … On me signale aussi d’ailleurs que toujours dans ce jeu pervers de rôles, lorsqu’il arrive (très exceptionnellement) aux hommes de subir la violence conjugale, peu osent parler, prisonniers du format qui leur a appris, à tort, que « c’est l’homme qui est le maître » !

Ce jeu de rôles fut joué dans l’ancien royaume du Dan Homey en Afrique de l’ouest par la princesse Tassi Hangbê, sœur jumelle du prince héritier Akaba.

« Garçon manqué » comme on dit, Hangbè excelle à la chasse où ses amies femmes et elle se montrent bien plus adroites que nombre d’hommes.

Akaba part à la guerre, est tué dès le 1er engagement. Pour ne pas décourager les troupes, Hangbè remplace son frère. Sa ressemblance, sa bravoure donnent le change et la victoire au Dan Homey..

Hangbè devient alors régente jusqu’à la majorité du nouvel héritier du trône ! Première et unique femme Reine de l’histoire du royaume, elle enrôle ses amies chasseresses dans l’armée du Dan Homey, créant le corps d’élite des « mi non – nos mères » dites « amazones » : pour y être admise, un vœu de chasteté est exigé pour ne pas tomber enceinte ! ! (1)

Morale de l’histoire des jumeaux: l’enfant se forge en fonction du regard qu’il croit saisir du monde à son adresse. Convainquez quelqu’un qu’il est faible ou nul et il le deviendra ! Faîtes le contraire pour voir !

CONCLUSION

Ce pays de rêve qui me commande de voir différemment la condition des femmes, n’est même pas singulier ! ! ! Il relève d’une tradition « humaniste » qui partout dans le monde questionne la marche humaine et le narratif qui en a été fait. L’histoire officielle n’est qu’une partie de la vraie histoire dont elle a souvent été extraite, filtrée, purifiée pour soutenir un discours politique, discours fondé sur les valeurs et savoirs de son époque. Aujourd’hui, le monde a changé. Les connaissances accumulées par l’humanité, la méthode historique, l’éthique imposent désormais un regard plus lucide sur notre passé commun, ses erreurs aussi. Cette déconstruction de l’histoire bouscule les tabous qu’on respecte sans même savoir pourquoi et qui sont sources fréquentes de discriminations.

C’est cet aveuglement que les sociétés comme en France, refusent et plus particulièrement depuis les lumières du 18eme siècle. Affranchies par la laïcité, des déformations de religions mal comprises, chacun comptant pour soi comme citoyen de la République, ces sociétés débattent des rapports humains pour faire adopter par le plus grand nombre, les règles et lois garantissant à tous égalité, dignité, liberté.

(1) https://www.jeuneafrique.com/452511/culture/las-amazones-dahomey-armee-de-femmes-soldats-lafrique-pre-coloniale/